En savoir plus
Angelika Szymanska a remporté l’or chez les moins de 63 kg au Grand Chelem de Lausanne après une journée remarquable au cours de laquelle elle a battu son idole d’enfance Clarisse Agbegnenou avant de vaincre Manon Deketer en finale. La Polonaise de 26 ans a sauvé son action la plus décisive pour les phases finales de la compétition pour la médaille d’or, terminant Deketer avec une clé de bras pour assurer l’une des victoires les plus significatives de sa carrière.
Szymanska avait déjà connu une saison 2026 régulière, récoltant des médailles de bronze aux Championnats d’Europe et au Grand Chelem de Tachkent, mais Lausanne a offert quelque chose de différent. Classée 14e mondiale avant la compétition, elle n’a pas simplement atteint un autre podium ; elle a battu l’un des plus grands judokas des moins de 63 kg de l’histoire et a ensuite converti cette opportunité en or.
Sa demi-finale contre Agbegnenou a été l’une des confrontations les plus intrigantes de la journée. La championne de France faisait son retour sur le World Judo Tour après une nouvelle longue absence suite à la naissance de son deuxième enfant et semblait de plus en plus à l’aise au fur et à mesure que la compétition avançait. Szymanska a refusé de se laisser intimider ni par la réputation d’Agbegnenou ni par son énorme expérience et, alors que le match était encore sur le fil du rasoir, a trouvé l’occasion dans les dernières secondes de marquer yuko.
Pour Szymanska, il y avait une dimension émotionnelle supplémentaire. Agbegnenou était la judoka qu’elle rêvait de combattre, une idole qui avait dominé la catégorie alors que la Polonaise développait sa propre carrière internationale. La battre puis devoir se remettre immédiatement en route pour une finale du Grand Chelem a fait de Lausanne un test particulier d’émotion et de concentration.
Szymanska termine le travail sur le terrain
Manon Deketer a constitué un autre formidable obstacle français en finale. La numéro six mondiale a été remarquablement constante au cours des deux dernières saisons, avec l’argent européen et le bronze du Grand Chelem de Tachkent cette année après sa victoire au Grand Prix de Qingdao et les médailles d’argent du Grand Chelem à Paris et Tbilissi en 2025.
Pendant la majeure partie de la finale, aucune des deux femmes n’a pu prendre un avantage décisif. Cependant, à seulement 20 secondes de la fin, Szymanska a saisi son opportunité en ne waza. Elle a attaqué le bras, a sécurisé le kansetsu waza et a forcé Deketer à se soumettre.
C’était la fin catégorique d’une journée qui avait demandé de la patience de la part du Polonais. Lausanne est devenue une autre étape importante dans la reconstruction de sa position après une période difficile après le cycle olympique de Paris.
Szymanska a reconnu par la suite à quel point la victoire sur Agbegnenou avait signifié pour elle. Elle a également rendu hommage au camp de préparation exigeant qui a précédé Lausanne et a rendu un hommage particulier à sa physiothérapeute Kasia Wiśniewska, pour qui le Grand Chelem suisse était le tournoi final avec l’équipe polonaise. Après une période difficile après les Jeux olympiques, l’or a eu une signification bien au-delà des points du classement.
L’expérience remporte la bataille des champions du monde
Le retour d’Agbegnenou a également donné lieu à l’un des matchs les plus attendus des tours préliminaires lorsqu’elle a rencontré Joanne van Lieshout. Ce fut une confrontation passionnante entre deux générations de champions du monde.
Van Lieshout est devenu champion du monde à Abu Dhabi en 2024 et représente, à 23 ans, la nouvelle génération dans une catégorie qu’Agbegnenou a contrôlée pendant tant d’années. La Néerlandaise avait de son côté le rythme de la compétition récente, tandis que la star française revenait après une longue période sans compétition du World Judo Tour.
Pourtant l’expérience reste une arme extraordinaire.
Agbegnenou a réussi à se frayer un chemin à travers une compétition exigeante et a battu Van Lieshout pour continuer vers la demi-finale. À 33 ans et après une nouvelle interruption majeure de sa carrière, elle n’a peut-être plus exactement le même rythme de compétition qui l’a portée tout au long de ses années de domination, mais sa compréhension tactique, son intelligence captivante et sa capacité à gérer des situations difficiles n’ont pas disparu. Face à une ancienne championne du monde de près de dix ans plus jeune, ces qualités l’ont aidée à trouver la solution.
Van Lieshout a ensuite participé à la première compétition pour la médaille de bronze contre le Japonais Kirari Yamaguchi. La judoka japonaise a frappé tôt, marquant yuko et protégeant cet avantage jusqu’à la fin du combat pour assurer sa place sur le podium lausannois.
Agbegnenou revient avec une médaille et le sourire
Cela laissait à Agbegnenou une dernière mission contre la double championne d’Europe Renata Zachova. La Française était venue à Lausanne pour gagner et la déception de perdre sa demi-finale si tard contre Szymanska était évidente, mais elle est revenue pour la médaille de bronze avec un objectif renouvelé.
Contre Zachova, elle a encore une fois démontré l’instinct de compétition qui a défini une carrière extraordinaire. Agbegnenou a continué à chercher jusqu’à ce qu’elle produise le yuko décisif dans la dernière minute, remportant le bronze lors de sa première participation au World Judo Tour après la naissance de son deuxième enfant.
La médaille elle-même n’était pas de la couleur qu’Agbegnenou était venue chercher en Suisse. Pour un champion olympique et sextuple champion du monde individuel, les médailles de bronze ont rarement représenté l’objectif ultime. Celle-ci appartenait pourtant à une étape bien différente de sa carrière.
Lausanne avait pour objectif de découvrir où elle en était après une autre longue pause, de revivre la tension de la compétition et de se mesurer à une génération des moins de 63 kg qui a continué à se développer pendant son absence. Elle a battu Van Lieshout, a partagé une demi-finale extrêmement serrée avec Szymanska et en avait encore assez physiquement et mentalement pour vaincre Zachova pour le bronze.
Par la suite, une partie de l’émotion du retour était visible. Agbegnenou sourit et fit un geste de cœur, un petit moment qui en disait peut-être plus que la couleur de la médaille. La championne était de retour, elle avait été mise au défi, elle avait perdu, récupéré et monté à nouveau sur un podium du Grand Chelem.
L’or appartient incontestablement à Szymanska, qui a bouclé une journée exceptionnelle en battant deux adversaires françaises et en montant finalement sur la plus haute marche du podium. Mais c’est aussi à Lausanne que le dernier chapitre d’Agbegnenou est en cours. Et les moins de 63 kg ont un autre formidable champion du monde de retour dans l’équation.
