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Exactement 54 ans après que Paul Barth ait remporté une médaille de bronze olympique à Munich, le judo allemand pleure l’une des figures marquantes de sa première génération olympique. Le 1er septembre 1972, Barth monte sur le podium aux Jeux Olympiques de sa ville natale, le plus grand exploit compétitif d’une carrière qui s’étendra bien au-delà de ses propres résultats sur les tatamis.
La coïncidence de la date donne un caractère particulièrement poignant à la nouvelle de son décès. Barth est né en 1945 et a concouru en -93 kg, s’imposant ainsi parmi les judokas les plus forts d’Europe à la fin des années 1960 et au début des années 1970. Quatre ans avant Munich, il avait déjà remporté le bronze européen à Lausanne en 1968, tandis qu’aux Championnats du monde de 1969 à Mexico, il avait terminé cinquième. Il a également collectionné des médailles internationales à Sarrebruck et Linz et a représenté l’Allemagne de l’Ouest pendant une période importante dans le développement du judo européen.
Son moment décisif a eu lieu aux Jeux olympiques de 1972. Le judo était revenu au programme après avoir été absent de Mexico en 1968, faisant de Munich seulement le deuxième tournoi olympique de judo après les débuts du sport à Tokyo en 1964. Concourir devant un public local a imposé des attentes supplémentaires à l’équipe ouest-allemande, mais Barth a remporté et obtenu le bronze chez les -93 kg.
Cette médaille lui a assuré une place dans l’histoire olympique du judo allemand, mais sa carrière compétitive n’était pas encore terminée. Barth est devenu champion d’Allemagne en 1973 et a également récolté des médailles européennes par équipe au cours de sa carrière. Ses réalisations ont été récompensées par le Silbernes Lorbeerblatt, la plus haute distinction sportive nationale d’Allemagne.
Pourtant, la partie la plus remarquable de l’histoire de Barth est peut-être ce qui s’est passé après Munich. En 1973, un an seulement après être monté sur le podium olympique, il fonde la section judo du 1. SC Gröbenzell. C’est le début d’une carrière sportive complètement différente.
Pendant des décennies, Barth a travaillé comme entraîneur, administrateur et mentor, initiant des générations d’enfants et de jeunes athlètes au judo. Son influence se mesurait donc non seulement aux médailles qu’il avait lui-même remportées mais aussi aux judokas qui lui succédèrent. Gröbenzell est devenu un centre de judo reconnu et Barth est resté étroitement associé à sa croissance.
Sa contribution a finalement été reconnue par le sixième dan et, en 2021, par le titre de membre honoraire de la Fédération bavaroise de judo. Un hommage particulièrement approprié a suivi en 2022, cinquante ans après sa médaille olympique, lorsqu’une salle de sport de Gröbenzell a été baptisée Paul-Barth-Halle.
Cette salle représente peut-être son héritage aussi clairement que la médaille de bronze elle-même. Le podium olympique de Munich a montré ce que Barth pouvait réaliser en tant qu’athlète ; les décennies qui ont suivi ont démontré ce qu’il pouvait redonner à son sport.
Exactement 54 ans après ce jour inoubliable du 1er septembre 1972, son nom reste lié aux deux côtés du judo allemand : le compétiteur international qui est monté sur le podium olympique et l’entraîneur et bâtisseur qui a passé une grande partie du reste de sa vie à faire découvrir le même sport aux nouvelles générations.
