Tokyo 1958 : Koji Sone succède à Natsui en tant que champion du monde
Deux ans seulement après le succès des premiers Championnats du monde de judoka, les meilleurs judokas du monde se sont à nouveau réunis à Tokyo pour la deuxième édition de l’événement. Organisés le 30 novembre 1958, les championnats ont confirmé la domination du Japon sur ce sport tout en soulignant l’intérêt international croissant pour le judo, avec 39 concurrents venus de 18 pays se rendant dans la capitale japonaise.
Comme en 1956, le tournoi se disputait dans une seule catégorie de poids ouverte, ce qui signifie que chaque athlète, quelle que soit sa taille, concourait pour un titre mondial. Le Japon est resté la nation de référence et a inscrit trois prétendants exceptionnels : Koji Sone, Akio Kaminaga et Kimiyoshi Yamashiki. L’Europe, quant à elle, se tournait une fois de plus vers le Néerlandais Anton Geesink, dont les performances impressionnantes depuis les premiers Championnats du monde l’avaient établi comme le principal challenger des stars japonaises.
Une grande partie de l’attention s’est concentrée sur l’imposant Néerlandais, mais ses ambitions de titre ont pris fin en quarts de finale. Face à Kimiyoshi Yamashiki, Geesink a attaqué avec son uchi-mata, pour être brillamment contré par ippon par le judoka japonais dans l’un des moments déterminants du tournoi. C’était un autre rappel que la technique japonaise a continué à établir la norme au cours des années de formation de ce sport.
Avec l’élimination de Geesink, le Japon a resserré son emprise sur le championnat. La finale a réuni deux judokas qui se connaissaient exceptionnellement bien, puisque Koji Sone et Akio Kaminaga avaient tous deux développé leur carrière au sein de la prestigieuse université Meiji. Leur rencontre a été une vitrine du judo japonais de haut niveau, Sone se révélant le compétiteur le plus efficace. Il a d’abord contré Kaminaga avec un ko-soto-gari parfaitement chronométré avant d’ajouter un score avec uchi-mata pour assurer la victoire et devenir le deuxième champion du monde de l’histoire du judo.
Kaminaga a remporté la médaille d’argent, tandis que la victoire de Yamashiki sur Geesink lui a valu l’une des médailles de bronze. La seule nation capable d’interrompre le triomphe du Japon sur le podium a été la France, où Bernard Pariset a remporté la deuxième médaille de bronze. Une fois de plus, seuls deux pays ont quitté Tokyo avec des médailles, soulignant la force du pays hôte tout en démontrant que le judo européen continue de progresser régulièrement.
Les Championnats du monde de 1958 renforcent encore la réputation de l’événement créé deux ans plus tôt. La participation s’est accrue, le champ international s’est renforcé et des rivalités entre le Japon et l’Europe ont commencé à émerger. Même si le Japon conserve un avantage incontestable, des concurrents comme Anton Geesink ou Bernard Pariset montrent que l’écart se réduit progressivement.
Avec le recul, les deuxièmes Championnats du monde ont représenté une autre étape importante dans le développement mondial du judo. Le triomphe de Koji Sone a permis au Japon de conserver le titre mondial, mais le nombre croissant de nations participantes a indiqué que le sport évoluait vers une discipline véritablement internationale. En quelques années, ces premiers challengers européens deviendront de véritables prétendants aux honneurs mondiaux, contribuant ainsi à façonner l’une des époques les plus fascinantes de l’histoire du judo.
