Momo Tamaoki (31 ans) enfin leader du classement mondial -57 kg
Dans une division souvent définie par des champions explosifs et de courtes périodes de domination, la Japonaise Momo Tamaoki a bâti sa réputation différemment. Non pas grâce à une percée spectaculaire, mais à travers une décennie de régularité, de résilience et de capacité à rester parmi l’élite de la catégorie -57 kg. Aujourd’hui, cette persévérance a été récompensée par la position de leader mondial, un statut acquis grâce à des années de podiums plutôt qu’à un seul triomphe déterminant.
Une championne du monde junior qui a tenu sa promesse
Tamaoki s’est fait connaître pour la première fois dans le monde du judo lorsqu’elle a remporté le titre mondial junior à Miami en 2014. À une époque où le Japon produisait une nouvelle vague de talents féminins, elle s’est imposée comme l’une des athlètes les plus susceptibles de réussir leur transition vers le niveau senior.
Plus de dix ans plus tard, cette première promesse s’est traduite par l’une des carrières les plus fiables de la catégorie. Avec plus de 25 médailles sur le circuit mondial de judo de la FIJ, elle est devenue l’une des joueuses les plus fiables en -57 kg, atteignant régulièrement les dernières étapes des plus grands tournois.
Si proche du prix ultime
Malgré son impressionnante collection de médailles, la seule réalisation qui manque encore au palmarès de Tamaoki est un titre mondial senior. Elle s’en est rapprochée à Budapest, où elle a terminé avec des médailles d’argent aux Championnats du monde en 2021 et à nouveau en 2025.
Si ces finales se sont soldées par une déception, elles ont également confirmé sa capacité à rester compétitive au plus haut niveau sur plusieurs cycles olympiques, ce que seule une poignée d’athlètes parviennent à réaliser.
Une carrière bâtie sur la cohérence
Le record de médailles de Tamaoki montre une longévité remarquable. Ses premiers grands succès seniors sont survenus avec des victoires en Grand Prix à Budapest en 2016, puis à Zagreb et Hohhot en 2017. Plutôt que de s’effacer après ces premiers succès, elle a continué à évoluer.
En 2021, elle a remporté les titres du Grand Chelem à Tachkent et Bakou, ajoutant ainsi certaines des victoires les plus prestigieuses de sa carrière. Les années suivantes confirment sa pérennité. Elle est devenue championne d’Asie en 2022 et a continué d’accumuler des victoires importantes, notamment le Grand Chelem de Bakou en 2025, le titre national japonais et l’or au Grand Prix de Qingdao.
Son parcours professionnel reflète non seulement du talent mais aussi une capacité d’adaptation, essentielle dans une division constamment renouvelée par de nouveaux challengers.
Définir les rivalités d’une génération
Aucune histoire de la division U57kg au cours de la dernière décennie ne peut être racontée sans mentionner la rivalité entre Tamaoki et le duo d’élite canadien Christa Deguchi et Jessica Klimkait.
Leurs compétitions ont contribué à façonner la catégorie, Tamaoki détenant des records compétitifs de 3 à 5 contre Deguchi et de 3 à 4 contre Klimkait. Ces chiffres reflètent à quel point les meilleurs athlètes de la division sont étroitement liés.
Avec Klimkait passant désormais en -63 kg, le paysage de la catégorie change à nouveau, ouvrant potentiellement de nouvelles opportunités à Tamaoki pour consolider son leadership.
Un nouveau leader pour le Japon
L’ascension de Tamaoki au rang de numéro un mondial est également significative pour le judo féminin japonais. Elle devient la première japonaise leader du classement mondial en -57 kg depuis que Tsukasa Yoshida occupait ce poste en 2019.
Depuis lors, le classement s’est partagé entre plusieurs des plus grands noms de la division, dont Deguchi, Klimkait, Nora Gjakova, Timna Nelson-Levy, Rafaela Silva et plus récemment la championne du monde Eteri Liparteliani.
Dans une époque aussi compétitive, atteindre le sommet du classement nécessite non seulement des performances de pointe, mais aussi une excellence soutenue. La présence de Tamaoki là-bas reflète exactement cela.
Endurance appelée Tamaoki
Si la carrière de Tamaoki a un thème déterminant, c’est bien l’endurance. Alors que d’autres ont pu connaître des sommets plus spectaculaires, rares sont ceux qui ont égalé sa capacité à rester pertinent année après année. Son parcours montre que le succès en judo n’est pas toujours une question de domination, mais souvent d’endurance.
Alors que le nouveau cycle olympique se développe, Tamaoki s’impose comme l’une des figures clés de la division U57kg. Reste à savoir si elle pourra enfin ajouter un titre mondial à sa collection, mais une chose est déjà certaine.
Peu d’athlètes ont gagné leur place au sommet grâce à leur régularité comme Momo Tamaoki qui aura 32 ans en septembre.
