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Le camp d’entraînement olympique de Papendal a débuté lundi, ramenant un grand camp international de judo aux Pays-Bas pour la première fois depuis 2023. Avec près de 400 athlètes de 34 pays sur le tatami, le centre national d’entraînement néerlandais est devenu un point de rencontre temporaire pour les champions olympiques, les médaillés des Championnats du monde et certains des jeunes talents les plus brillants d’Europe.

Pour les jeunes judokas néerlandais en particulier, l’opportunité est exceptionnelle. Un talent de 17 ou 18 ans peut soudainement se trouver en face d’un médaillé olympique ou mondial lors d’un randori. La qualité est disponible dans pratiquement toutes les catégories et à tous les niveaux.

Parmi les plus grands noms figure le champion olympique et mondial d’Azerbaïdjan Hidayat Heydarov. La délégation azerbaïdjanaise elle-même n’est peut-être pas particulièrement nombreuse, mais elle possède un pedigree considérable. L’ancien champion olympique Elnur Mammadli, spectaculaire vainqueur des moins de 73 kg aux Jeux de Pékin en 2008, est également à Papendal. A 38 ans, Mammadli a même remis son judogi et rejoint lui-même une partie de l’entraînement, démontrant que l’appétit pour le judo ne disparaît pas forcément avec la retraite.

La force française remplit les tatamis

La France a amené aux Pays-Bas l’un des groupes les plus impressionnants, l’équipe féminine en particulier offrant une énorme qualité. Les quintuples championnes d’Europe Romane Dicko et Shirine Boukli sont présentes, aux côtés de la double médaillée olympique Sarah-Léonie Cysique.

Luka Mkheidze, finaliste des Jeux olympiques de Paris 2024, a également travaillé dur pendant la séance du matin, tandis que derrière les athlètes se tient un groupe d’entraîneurs doté d’une extraordinaire expérience en compétition.

La championne olympique de Londres 2012, Lucie Décosse, fait partie des entraîneurs français, aux côtés de l’ancienne championne du monde Jane Bridge, du médaillé olympique Cyrille Maret, de l’ancien finaliste des Championnats du monde Daniel Fernandes et de l’olympien Kilian Le Blouch. Ajoutez à cela un groupe important de jeunes judokas français talentueux et il est facile de comprendre pourquoi la présence française est si visible à Papendal.

C’est aussi l’une des attractions d’un camp d’entraînement olympique. Les champions sont importants, mais la prochaine génération peut être tout aussi précieuse. Un jeune athlète qui n’aurait normalement jamais l’occasion de s’entraîner avec un tel niveau d’opposition peut accumuler en quelques jours seulement des dizaines d’échanges de qualité.

Des médailles olympiques et mondiales partout

La France et l’Azerbaïdjan sont loin d’être les seuls pays à apporter une qualité sérieuse. Les médaillés olympiques Tara Babulfath, Denis Vieru, Laura Fazliu, Theodoros Tselidis et Patricia Sampaio sont tous aux Pays-Bas, créant exactement le genre de mélange international pour lequel ces camps sont conçus.

La Croatie a voyagé avec une équipe importante dirigée par l’actuelle numéro un mondiale des moins de 70 kg, Lara Cvjetko, la seule finaliste croate aux récents Championnats du monde à Budapest. Sa catégorie démontre à elle seule la solidité du camp.

Cvjetko peut se retrouver à partager le tatami avec Elisavet Teltsidou, Katarzyna Sobierajska, Clémence Eme, Tais Pina et Sanne van Dijke. Pour les athlètes à la recherche de styles, de prises et de défis physiques différents, il est difficile de demander beaucoup plus à un environnement d’entraînement.

Les Pays-Bas ont naturellement une large représentation à domicile, notamment la championne d’Europe Joanne van Lieshout. Avec Mkheidze et Boukli, elle fait partie des champions d’Europe en titre qui s’entraînent à Papendal.

Pour les Néerlandais, il y a une autre raison pour laquelle cette période semble importante. L’année prochaine, les Championnats d’Europe auront lieu à Apeldoorn, donnant aux Pays-Bas une rare opportunité de concourir pour des médailles continentales devant leur public. Papendal n’organise donc pas simplement un rassemblement estival ; Pour certains athlètes néerlandais présents sur ces tapis, le chemin vers le Championnat d’Europe à domicile se dessine déjà.

Champions transmettant leurs connaissances à une nouvelle génération

L’un des plus beaux sites de Papendal n’est peut-être pas simplement le nombre de médailles représentées sur le tatami, mais aussi les générations qui l’entourent.

Lucie Décosse, Elnur Mammadli ou encore le champion olympique polonais de 1996 Pawel Nastula savent tous ce que ça fait d’atteindre le plus haut niveau possible en judo. Des années après leurs plus grandes victoires, ils apprécient toujours ce sport et transmettent leurs connaissances.

Pour les jeunes judokas, cela fait partie de la magie d’un tel camp. Les noms qu’ils ont vus lors des finales olympiques sont soudain à portée de main. Ils peuvent s’entraîner à leurs côtés, les observer ou recevoir des conseils de personnes qui ont vécu précisément le voyage qu’ils tentent de faire eux-mêmes.

L’organisateur de l’UEJ, Wieslaw Blach, peut particulièrement bien apprécier le lien historique. Il était déjà à Papendal en 1993, lorsque les Championnats d’Europe Juniors se sont déroulés dans le même complexe. Plus de trois décennies plus tard, il peut voir une autre génération remplir les salles.

Le judo a considérablement évolué au cours de ces années, mais Papendal reste un cadre idéal pour ce que ce sport fait particulièrement bien : réunir champions, prétendants et jeunes sur le même tatami.

Près de 400 judokas, 34 pays et une extraordinaire collection de médailles olympiques, mondiales et européennes ont fait de Papendal l’un des centres du judo international cette semaine. Pour les stars établies, c’est une préparation précieuse. Pour les jeunes, cela peut être une semaine dont ils se souviendront pendant des années.