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Le retour de Teddy Riner au judo international a encore été retardé. Le poids lourd français se remet d’une blessure à l’épaule et a été contraint de se retirer du Grand Chelem de Lausanne, après avoir annulé son retour prévu au Grand Prix de Lima cette semaine. Il s’agit de la même épaule qui a nécessité une intervention chirurgicale en 2013, même si cette fois-ci, une opération n’est pas jugée nécessaire.

Riner aura besoin d’au moins trois semaines de repos avant de reprendre progressivement sa rééducation et sa préparation. Pour le quintuple champion olympique, avec notamment ses deux titres par équipes mixtes avec la France, la patience est devenue de mise. « Cette période de récupération est nécessaire pour me permettre de poursuivre ma préparation dans les meilleures conditions possibles et surtout sans prendre de risques inutiles », a expliqué Riner en confirmant son forfait. « Je suis donc contraint de renoncer à ma participation au tournoi de Lausanne. »

Ce revers signifie que le retour individuel de l’une des plus grandes stars du judo continue d’être reporté. Riner n’a pas concouru en individuel depuis les Jeux Olympiques de Paris 2024, où il a réalisé des Jeux olympiques à domicile remarquables en remportant son troisième titre individuel des poids lourds et une deuxième médaille d’or olympique par équipe mixte.

Il est revenu sur le tatami une fois plus tard cette année-là. En décembre 2024, Riner a représenté le Paris Saint-Germain lors de l’épreuve par équipes mixtes de la Ligue des Champions à Montpellier, aidant le PSG à remporter le titre européen des clubs. Il s’agit de sa seule apparition en compétition depuis les JO de Paris.

Depuis, Riner est resté visible dans le sport sans concourir. Il figurait parmi les invités de marque des Championnats du monde 2025 à Budapest, où le Français a suivi l’action depuis l’extérieur de l’aire de compétition et remis des médailles. C’était un rôle très différent pour un homme qui domine le judo des poids lourds depuis près de deux décennies.

Le projet initial pour 2026 était enfin de remettre le judogi en compétition. Lima était censé organiser ce premier test individuel, mais Riner s’est retiré après avoir souffert d’un problème à l’épaule à l’entraînement. « Je suis évidemment déçu de ne pas pouvoir reprendre la compétition comme prévu, mais je reste pleinement concentré sur ma préparation et la suite », a-t-il déclaré.

Lausanne aurait offert une nouvelle opportunité de reconstruire à la fois le rythme de la compétition et sa position au classement mondial de la FIJ. Ce deuxième objectif est devenu de plus en plus important. Les points de classement issus de sa victoire olympique à Paris se sont désormais complètement dépréciés, ce qui signifie que le champion olympique en titre doit effectivement reconstruire son classement international à partir de zéro.

Pour la plupart des judokas, cela représenterait un énorme obstacle. Le statut et l’expérience de Riner rendent sa situation différente, mais même un onze fois champion du monde individuel ne peut échapper aux mathématiques du système de classement. Si d’autres tournois disparaissent de son programme, son parcours vers les Championnats du monde à Bakou deviendra de plus en plus compliqué.

Mais la priorité immédiate est son épaule. Riner connaît bien l’articulation après les problèmes qui ont finalement nécessité une intervention chirurgicale en 2013, et il n’y a guère de raisons de jouer avec son corps à ce stade de sa carrière. La différence encourageante est que la chirurgie n’est pas nécessaire pour l’instant, mais trois semaines sans préparation normale réduisent inévitablement le temps disponible pour retrouver le niveau physique et technique nécessaire à un Championnat du monde.

À 37 ans, Riner tente quelque chose d’inédit, même selon ses propres critères. Paris aurait facilement pu offrir une fin parfaite à sa carrière, avec une médaille d’or olympique individuelle et par équipe devant son public. Au lieu de cela, il a décidé qu’il y avait encore du judo à venir.

Bakou reste la cible principale, mais la route vers l’Azerbaïdjan est soudainement devenue considérablement plus courte. Avant que Riner puisse penser au classement des points, aux adversaires ou à une autre médaille mondiale, il doit d’abord gagner la bataille la plus banale consistant à préparer à nouveau son épaule pour le judo.