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Daniyar Shamshayev célèbre aujourd’hui son 25e anniversaire et sa carrière semble se rapprocher d’un carrefour important. Le judoka kazakh a déjà prouvé qu’il pouvait rivaliser avec les meilleurs chez les moins de 73 kg, en récoltant trois médailles du Grand Chelem et un titre asiatique, mais après des débuts olympiques difficiles à Paris, il tente désormais de passer à l’étape suivante. Sa victoire à la Coupe d’Europe à Dubrovnik plus tôt cette année n’est peut-être pas le plus grand titre de sa carrière, mais c’est une autre indication que Shamshayev se reconstruit vers le niveau qui l’a rapproché du sommet du monde.
Il y a même quelque chose dans l’apparence de Shamshayev qui fait parfois penser à Shohei Ono sur les photographies. Les comparaisons devraient probablement s’arrêter là pour l’instant, même si n’importe quel combattant des moins de 73 kg rêverait volontiers d’une carrière ressemblant à celle du double champion olympique japonais. Shamshayev concourt dans la catégorie même qu’Ono a dominée pendant une grande partie de la décennie précédente, et à 25 ans, il a encore le temps d’écrire sa propre histoire internationale substantielle.
De la promesse cadette au champion d’Asie
Le potentiel de Shamshayev s’est révélé très tôt. En 2018, il a remporté le titre asiatique des moins de 18 ans à Beyrouth et a atteint la première place du classement mondial cadet de la FIJ chez les moins de 60 kg. Son développement l’a finalement amené des moins de 66 kg aux moins de 73 kg, où il a commencé à avoir un impact sérieux au niveau senior.
La percée a eu lieu à domicile en 2022 lorsque Shamshayev a remporté le titre asiatique à Nur-Sultan. A tout juste 21 ans, il s’impose soudain comme l’un des espoirs les plus intéressants du Kazakhstan dans une catégorie très compétitive.
La saison suivante a confirmé que le titre asiatique n’était pas un résultat isolé. Shamshayev a commencé 2023 avec le bronze au Grand Chelem de Paris et l’a suivi seulement un mois plus tard avec sa première finale du Grand Chelem à Tachkent. L’argent y représentait sa meilleure performance sur le circuit mondial de judo à ce jour, tandis qu’une autre médaille de bronze suivait au Qazaqstan Barysy Grand Slam à Astana.
Ces trois médailles du Grand Chelem en sept mois ont transformé sa réputation internationale. Il a également obtenu des cinquièmes places aux Jeux asiatiques de Hangzhou et au Grand Chelem d’Abu Dhabi, ce qui lui a valu une saison remarquablement constante même s’il n’a pas atteint le podium.
Paris s’est avéré un défi différent
Les attentes grandissent donc envers les Jeux Olympiques de Paris. Sa forme en 2024 avait été plus solide que spectaculaire, avec des cinquièmes places aux Grands Chelems de Paris et de Tachkent, mais il avait accumulé suffisamment de preuves pour suggérer qu’il pouvait être dangereux lors d’un tirage au sort olympique.
Son expérience olympique individuelle n’a duré qu’une seule compétition. Shamshayev a affronté l’Ouzbékistan Murodjon Yuldoshev au premier tour et a été éliminé, mettant ainsi fin brutalement au tournoi qu’il avait passé des années à essayer d’atteindre. Il est revenu lors de la compétition par équipes mixtes, mais là aussi, il s’est heurté à une formidable opposition en la personne du médaillé olympique brésilien Daniel Cargnin.
Ce fut une introduction difficile aux Jeux Olympiques, même si la philosophie de Shamshayev semble particulièrement appropriée avec le recul : « La victoire n’enseigne pas de la même manière que la défaite ».
Ce qu’il fera de ces défaites pourrait en fin de compte définir la prochaine partie de sa carrière.
Dubrovnik offre un nouveau point de départ
Après une période plus calme sur la scène internationale, Shamshayev est revenu sur la plus haute marche du podium lors de la Coupe d’Europe à Dubrovnik en mars 2026. Le niveau était différent de celui d’un Grand Chelem ou des Jeux Olympiques, mais gagner des tournois compte, en particulier pour un athlète qui tente de retrouver son élan et sa confiance.
Pour le Kazakhstan, ses progrès pourraient devenir de plus en plus importants. Le pays a produit des judokas olympiques et de classe mondiale dans de nombreuses catégories, mais une médaille aux Championnats du monde en -73 kg s’est révélée remarquablement insaisissable. Askhat Shakharov a été le dernier Kazakh à monter sur le podium des Championnats du monde dans cette catégorie, remportant le bronze à Munich en 2001.
C’était il y a 25 ans, exactement l’âge qu’atteint Shamshayev aujourd’hui.
Cela constitue un objectif historique intéressant pour un judoka dont les meilleures années pourraient encore être devant lui. Shamshayev possède déjà les bases : un titre asiatique senior, trois médailles du Grand Chelem, une expérience olympique et une solide expérience chez les juniors et les cadets. Son tai-otoshi préféré lui confère également une arme d’attaque reconnaissable, tandis que ses résultats ont démontré qu’il peut rivaliser efficacement contre l’opposition internationale.
En dehors de la compétition, Shamshayev représente le Dynamo et est entraîné au niveau national par Nurbol Suleimenov. Maître des sports au Kazakhstan depuis 2021, il parle kazakh et russe et compte parmi ses intérêts l’équitation, un passe-temps plutôt approprié pour un athlète représentant le Kazakhstan.
Le prochain objectif est clair. Les médailles du Grand Chelem ont montré que Shamshayev a sa place à ce niveau, mais la percée majeure du championnat n’est pas encore arrivée. Paris 2024 a été une déception, tandis que Dubrovnik 2026 a offert un redémarrage positif. À 25 ans, il entre désormais dans un âge où de nombreux judokas transforment l’expérience en leurs meilleurs résultats.
Le Kazakhstan attend depuis un quart de siècle un autre médaillé aux Championnats du monde -73 kg. Shamshayev a déjà suffisamment voyagé pour suggérer que mettre fin à cette attente n’est pas une ambition irréaliste.
