Cyrille Maret : Du bronze olympique à un nouveau rôle d'entraîneur

Cyrille Maret : Du bronze olympique à un nouveau rôle d’entraîneur

Cyrille Maret a passé plus d’une décennie parmi les principaux poids lourds du judo français, marqué par une médaille de bronze olympique à Rio de Janeiro, trois victoires consécutives au Grand Chelem de Paris et six médailles aux Championnats d’Europe. Aujourd’hui, sa position a changé. L’ancienne star des moins de 100 kg, qui a pris sa retraite en 2022 après avoir surmonté un grave accident de la route en fin de carrière, transmet désormais son expérience d’entraîneur et se retrouve cette semaine au Centre d’entraînement olympique de Papendal, même le jour de son anniversaire.

Pendant des années, Maret a été l’un des joueurs les plus fiables d’une équipe française de qualité internationale. La première indication majeure de son potentiel est venue lorsqu’il est devenu champion du monde junior à Saint-Domingue en 2006. Le succès chez les seniors a mis plus de temps à se développer, mais une fois établi chez les -100 kg, Maret est devenu remarquablement constant.

Sa plus grande réussite individuelle a eu lieu aux Jeux Olympiques de Rio en 2016. Maret s’est rendu au Brésil après trois saisons exceptionnelles et a tenu bon quand il le fallait, remportant la médaille de bronze des moins de 100 kg. C’était la récompense olympique pour un athlète qui, de manière quelque peu surprenante compte tenu de sa longévité au plus haut niveau, n’a jamais réussi à remporter une médaille individuelle aux Championnats du monde.

L’Europe s’est avérée un terrain de chasse plus heureux. Entre 2013 et 2019, il a récolté six médailles européennes, tandis que sa contribution à la France a été tout aussi précieuse en compétition par équipes. Maret a remporté huit médailles mondiales et européennes par équipe au cours de sa carrière, dont l’or par équipe européenne lors des premiers Jeux européens à Bakou en 2015. Au niveau national, il a remporté cinq titres français seniors à partir de 2010.

Le roi de Paris

Si un tournoi est devenu synonyme de Maret, c’est bien Paris. Se battre devant un public français averti semblait faire ressortir son meilleur judo.

Il a remporté le Grand Chelem de Paris trois fois consécutives de 2014 à 2016 et a finalement récolté sept médailles lors du tournoi. À partir de 2013, il monte sur le podium six éditions de suite, dont une autre finale en 2017.

Ce record a fait de lui l’un des artistes français les plus fiables de sa génération à Bercy. Entraîné au cours de sa carrière par des personnalités dont Benoît Campargue, Maret a combiné la présence physique requise en -100 kg avec suffisamment de mobilité et de qualité technique pour rester parmi les meilleurs européens pendant des années.

Puis, en octobre 2020, tout a changé.

L’accident qui a changé sa perspective

Maret a été victime d’un grave accident de scooter qui menaçait bien plus que ses ambitions sportives. À un âge où les marges du judo d’élite se réduisaient déjà, l’accident l’a contraint à une période difficile de récupération et de réadaptation.

Revenir au judo international après un tel revers était donc un exploit en soi. Le processus l’a obligé à se reconstruire physiquement tout en se confrontant à la question de savoir si l’énorme effort requis pour rivaliser au niveau mondial valait encore la peine d’être fourni.

Paris a finalement fourni un dernier chapitre remarquable.

Maret est revenu au Grand Chelem en 2021, mais cette fois il est entré dans la catégorie O100kg plutôt que dans sa division familière U100kg. Bien qu’il évolue parmi les vrais poids lourds, il a atteint la finale. Le Russe Inal Tasoev lui a refusé la médaille d’or, mais l’argent avait une signification au-delà de sa couleur. Après l’accident et le long chemin du retour, Maret était de nouveau venu à Bercy en tant que compétiteur et en était reparti avec une médaille.

Il s’agissait de sa septième médaille en Grand Chelem parisien et de sa cinquième finale dans le tournoi : victoires en 2014, 2015 et 2016 suivies de médailles d’argent en 2017 et 2021.

Mais ce retour a aussi permis à Maret de comprendre que son rapport à la concurrence avait changé. Avec le recul, il a admis qu’il y avait eu un moment où il savait que la retraite approchait. Assisté au tournoi de Paris simplement pour voir des amis, il se rend compte qu’il n’éprouve plus la même envie d’être l’homme debout au milieu de Bercy.

L’accident avait modifié sa perspective. Le judo a dominé une grande partie de sa vie, mais il y avait d’autres directions à explorer. Maret a finalement pris sa retraite en 2022, identifiant dans un premier temps l’immobilier comme un domaine dans lequel il souhaitait développer son avenir professionnel.

De l’athlète à l’entraîneur

Le judo reste cependant une partie de son univers. Après avoir passé des années à recevoir des instructions du fauteuil, Maret est progressivement passé de l’autre côté de cette relation et est devenu lui-même coach.

Cette expérience est difficile à reproduire par les seules qualifications d’entraîneur. Maret sait ce que signifie se préparer pour une compétition pour une médaille olympique, porter les attentes françaises dans le Grand Chelem de Paris et passer des années à combattre certains des judokas U100 kg les plus forts au monde. Tout aussi important, il comprend ce qu’il faut pour reconstruire après un revers qui menace sa carrière et finit par reconnaître quand il est temps d’arrêter.

Sa présence à Papendal cette semaine illustre la prochaine phase de ce voyage. Le Centre d’entraînement olympique des Pays-Bas est un territoire familier pour les athlètes et entraîneurs d’élite européens, mais Maret entre désormais dans de tels environnements avec une responsabilité différente. Au lieu de se préparer pour le prochain concours, sa tâche est d’observer, de conseiller et d’aider une autre génération à s’améliorer.

Pour un homme dont la carrière a été définie par la persévérance, c’est peut-être une transition appropriée. Cyrille Maret n’est jamais devenu champion du monde senior, mais son palmarès raconte néanmoins une histoire conséquente : bronze olympique, six médailles européennes, de nombreux succès avec l’équipe de France, cinq titres nationaux et sept médailles remarquables dans l’un des tournois les plus prestigieux du monde.

Les trois victoires consécutives de Paris restent une réussite emblématique. La médaille de bronze à Rio reste son plus grand moment olympique. Pourtant, son retour après l’accident de 2020 en révèle peut-être tout autant sur le concurrent qu’il était.

Maret s’est frayé un chemin, a atteint une finale du Grand Chelem de Paris puis, selon ses propres conditions, a finalement quitté la compétition d’élite. Il est désormais de retour près du tatami, avec toute une vie d’expérience à transmettre.