Marie Muller : L’anniversaire qui a placé le Luxembourg sur la carte olympique du judo
Pour un pays d’un peu plus d’un demi-million d’habitants, produire un prétendant olympique en judo est une réussite remarquable. Gagner une médaille olympique aurait été historique. Marie Muller s’en est approchée terriblement. Il y a exactement 14 ans, le jour de son anniversaire, la judoka luxembourgeoise réalisait la performance de sa vie en terminant cinquième aux Jeux Olympiques de Londres 2012, le plus beau résultat olympique jamais obtenu par une judoka luxembourgeoise.
Né le 29 juillet 1985 à Stuttgart, en Allemagne, Muller a grandi au Luxembourg et est devenu l’un des athlètes internationaux les plus titrés du pays. Elle a commencé à se démarquer au début des années 2000 avec des podiums aux Championnats d’Allemagne avant de s’annoncer sur la scène internationale avec le bronze aux Championnats d’Europe U23 2004 à Ljubljana dans la catégorie -48kg.
Au fur et à mesure que sa carrière progressait, des opportunités sur le circuit de la Coupe du monde se sont succédées. Représentant le Luxembourg à partir de 2007, Muller a immédiatement remporté le succès en remportant l’or aux Jeux des Petits États d’Europe à Monaco. Ce fut le début de la période la plus réussie du judo féminin luxembourgeois.
La même année, elle fait ses débuts aux Championnats du monde à Rio de Janeiro avant d’ajouter des victoires à l’Open de Suède et à la Coupe du monde à Birmingham en 2008. Au cours des années suivantes, elle s’impose comme une présence régulière sur le circuit mondial de la FIJ, récoltant trois titres de Coupe du monde, dont des victoires à Tallinn et au British Open en 2010. Au total, elle a remporté douze médailles internationales à travers le monde et a même atteint la finale du prestigieux Grand Chelem à Rio de Janeiro, une ville où elle a réalisé à plusieurs reprises certaines de ses plus belles performances. Aux Championnats du monde de Rio 2013, elle a raté de peu une médaille, terminant septième contre l’élite mondiale.
Pourtant rien comparé à Londres. En compétition dans la division -52 kg, Muller est arrivé comme un outsider mais est rapidement devenu l’une des surprises du tournoi olympique. Elle a débuté par une victoire impressionnante contre l’ancienne médaillée mondiale Ana Carrascosa d’Espagne avant de vaincre María García de la République dominicaine pour atteindre les quarts de finale. Elle y rencontre le Cubain Yanet Bermoy, l’un des grands champions de l’époque, qui stoppe la course aux médailles de l’athlète luxembourgeois.
Muller a refusé d’abandonner. Elle a battu Christianne Legentil, de Maurice, au repêchage pour avoir une chance de se battre pour le bronze olympique. L’Italienne Rosalba Forciniti se tenait entre elle et l’histoire du sport. Malgré un effort déterminé, Muller manque de peu le podium en terminant cinquième. Même si la médaille de bronze lui a échappé, son exploit reste l’une des plus grandes performances de l’histoire du sport luxembourgeois et un exploit extraordinaire pour l’une des plus petites nations de judo d’Europe.
Tout au long de sa carrière, elle a affronté à plusieurs reprises plusieurs des athlètes les plus forts de sa génération. La Belge Ilse Heylen s’est révélée être une adversaire particulièrement coriace, alors qu’elle a également partagé de nombreuses compétitions avec Laura Gómez, Anna Kharitonova, Jaana Sundberg et Natalia Kuziutina, illustrant le niveau constamment élevé auquel elle a concouru pendant près d’une décennie.
Muller a continué à concourir au niveau international jusqu’en juillet 2015, date à laquelle elle a disputé sa dernière épreuve de la FIJ au Grand Chelem à Tioumen. Elle avait alors représenté le Luxembourg à plusieurs championnats du monde, remporté de nombreux titres de petits États et s’est imposée comme l’une des judokas les plus accomplies du pays. Le corps avait tout donné après une blessure fatigante au genou, mais en fait elle a abusé de son corps pendant trop longtemps.
Aujourd’hui, alors qu’elle célèbre son 41e anniversaire, Muller reste étroitement liée au sport d’élite à travers son travail à Coque, le Centre national sportif et culturel du Luxembourg au Kirchberg. Son parcours olympique continue d’inspirer les jeunes athlètes luxembourgeois, prouvant que même les plus petites nations de judo peuvent défier les plus grandes puissances mondiales. Son corps ressent encore l’impact des sports de haut niveau.
Quatorze ans après cet anniversaire inoubliable à Londres, la cinquième place de Marie Muller reste un exploit historique. Elle a peut-être raté une médaille olympique d’un seul concours, mais elle a gagné quelque chose de tout aussi durable : une place parmi les plus grands athlètes que le Luxembourg ait jamais produits.
