Michaela Polleres : la porte-drapeau autrichienne continue de montrer l’exemple
Peu de judokas autrichiens ont connu une ascension aussi impressionnante que Michaela Polleres. D’une enfant de huit ans fascinée assistant à une démonstration de judo dans une école de Wimpassing à une porteuse du drapeau autrichien lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Paris 2024, « Michi » est devenue l’une des figures marquantes du paysage sportif de son pays. Médaillée olympique, médaillée mondiale et européenne, gagnante du Grand Chelem et l’une des athlètes les plus reconnaissables du circuit mondial de la FIJ, Polleres s’est imposée comme l’une des principales compétitrices de la division U70kg.
Né à Neunkirchen, Polleres a découvert le judo presque par hasard. Une présentation à son école primaire a éveillé sa curiosité et elle a rapidement rejoint le Judoclub Wimpassing Sparkasse, le club où elle allait devenir l’un des plus grands talents autrichiens. Son dévouement est rapidement devenu évident et en 2015, elle avait déjà fait ses débuts internationaux seniors à l’Open européen d’Oberwart.
Le succès ne tarde pas à suivre. Polleres s’est annoncée parmi les jeunes athlètes les plus prometteuses du monde avec une médaille de bronze aux Championnats du monde juniors 2017 avant de remporter le titre européen U23 un an plus tard. Ces exploits ont confirmé que l’Autriche possédait un judoka capable de rivaliser avec les meilleurs pour les années à venir.
La transition vers le niveau supérieur s’est avérée tout aussi réussie. En 2018, Polleres a célébré ses victoires lors des Grands Prix de Cancún et de Tachkent, tout en remportant l’or à l’Open européen de Varsovie. Son style puissant, construit autour d’un o-goshi exceptionnel et d’un ura-nage spectaculaire, en a rapidement fait l’une des compétitrices les plus excitantes à suivre. Peu d’athlètes sont capables de transformer la défense en attaque aussi efficacement que Polleres, dont l’ura-nage est devenu l’une des techniques emblématiques du World Judo Tour.
Sa percée sur la plus grande scène a eu lieu aux Jeux Olympiques de Tokyo. Faisant preuve d’une régularité remarquable tout au long du tournoi, Polleres s’est frayé un chemin jusqu’à la finale et a remporté la médaille d’argent, la plus grande réussite de sa carrière à ce stade. Même si elle a raté de peu l’or olympique, elle a réalisé l’ambition de sa vie en montant sur le podium olympique.
Ce succès lui a valu une reconnaissance nationale. En 2021, elle a reçu la Décoration d’honneur en or pour services rendus à la République d’Autriche, l’une des plus hautes distinctions civiles du pays, reconnaissant non seulement ses réalisations sportives mais également son rôle d’ambassadrice du sport autrichien.
Les médailles ont continué à arriver. Polleres a ajouté plusieurs podiums aux Championnats du monde et d’Europe et a conquis en 2022 le prestigieux IJF Masters, un tournoi réservé aux judokas les mieux classés au monde. Gagner le Masters a confirmé son statut parmi l’élite, démontrant que sa médaille d’argent olympique n’était pas un succès isolé.
La saison 2024 est devenue une autre étape importante dans sa remarquable carrière. Elle a ouvert l’année en remportant les Grands Chelems d’Antalya et de Douchanbé avant de décrocher le bronze lors de son Grand Prix à domicile en Haute-Autriche, faisant le bonheur des supporters autrichiens à Linz. Quelques mois plus tard, elle revient sur la scène olympique à Paris avec non seulement les espoirs de médaille de l’Autriche mais aussi son drapeau. Le fait d’avoir été choisie comme porte-drapeau de l’Autriche pour la cérémonie d’ouverture reflète le respect qu’elle inspire au sein de la communauté sportive du pays.
Sur le tatami, elle a encore une fois livré sa prestation quand cela comptait le plus. Polleres a remporté la médaille de bronze olympique, ajoutant ainsi une deuxième médaille olympique individuelle à sa collection et confirmant sa place parmi les plus grandes judokas autrichiennes de tous les temps.
Son succès s’est poursuivi dans le nouveau cycle olympique. En 2026, elle a une nouvelle fois ravi les supporters locaux en remportant le Grand Prix de Haute-Autriche à Linz, prouvant ainsi qu’elle reste l’une des plus fortes prétendantes dans la division -70 kg.
Tout au long de sa carrière, Polleres a bâti des rivalités mémorables avec plusieurs des plus grands noms du sport. Elle a rencontré la Hongroise Szabina Gercsák dix fois, remportant sept de ces compétitions, tandis que ses combats avec la championne olympique Barbara Matić décidaient fréquemment de l’issue des championnats majeurs. Sa rivalité avec la Néerlandaise Sanne van Dijke est restée parfaitement équilibrée avec cinq victoires chacune, tandis qu’elle a également enregistré un bilan positif contre la Française Marie Eve Gahié. La Slovène Anka Pogačnik était l’une des rares adversaires à détenir un léger avantage sur l’Autrichienne.
En dehors du judo, Polleres aime le snowboard, la randonnée et la pâtisserie, offrant un aperçu de la personnalité détendue derrière ce féroce compétiteur. Elle continue de s’entraîner à Wimpassing et Linz sous la direction de l’entraîneur personnel Adi Zeltner et de l’entraîneur national Yvonne Snir-Boenisch, elle-même championne olympique de 2004 et héroïne sportive d’enfance de Polleres.
Sa philosophie personnelle, « Toujours se lever plus souvent que tomber », reflète parfaitement l’attitude qui a défini sa carrière. C’est une approche qui l’a amenée de championne junior à médaillée olympique, de jeune talentueuse à porte-drapeau de l’Autriche, et d’espoir prometteur à l’une des judokas les plus respectées au monde.
A 29 ans, Michaela Polleres est loin d’avoir fini. Avec déjà deux médailles olympiques à son actif et un autre cycle olympique en cours, l’Autrichienne « Michi » continue de courir après le seul prix qui lui a échappé de peu jusqu’à présent : l’or olympique.
