Anett Mészáros à 39 ans : la championne hongroise qui a toujours trouvé le chemin du retour

Anett Mészáros à 39 ans : la championne hongroise qui a toujours trouvé le chemin du retour

Le judo hongrois a produit une liste remarquable d’athlètes féminines de classe mondiale au cours des trois dernières décennies, mais rares sont celles qui combinent cohérence et résilience comme Anett Mészáros. Quadruple médaillée aux Championnats du monde, championne d’Europe et ancienne numéro un mondiale, elle a passé la majeure partie d’une décennie parmi les figures de proue de la catégorie -70 kg avant que des blessures ne menacent d’interrompre une carrière qui promettait encore plus. Mais ce qui définit peut-être le plus Mészáros, ce ne sont pas les médailles qu’elle a récoltées, mais sa détermination à continuer de revenir au sport qu’elle aime.

Célébrant aujourd’hui son 39e anniversaire, Mészáros reste une figure active du judo hongrois, ajoutant remarquablement des titres nationaux en 2024, 2025 et 2026 bien après que bon nombre de ses plus grandes rivales aient pris leur retraite. C’est un autre chapitre d’une carrière qui a démontré à plusieurs reprises sa capacité à se réinventer.

Sa percée internationale s’est produite dès son plus jeune âge. En 2004, elle a remporté le titre de championne du monde junior, s’imposant immédiatement comme l’un des espoirs les plus brillants d’Europe. La Hongrie avait avant elle produit des femmes exceptionnelles, mais Mészáros semblait capable de devenir l’une des prochaines stars mondiales du pays. Elle a rapidement justifié cette réputation en s’établissant sur le circuit mondial senior, où son style agressif, sa préhension intelligente et son rythme de travail acharné ont fait d’elle l’une des adversaires les plus difficiles de la division.

Entre 2007 et 2011, elle a récolté pas moins de quatre médailles aux Championnats du monde, un exploit que peu de judokas dans sa catégorie de poids peuvent égaler. À deux reprises, elle s’est frayé un chemin jusqu’à la finale mondiale, manquant de peu la médaille d’or, mais sa régularité au cours des championnats successifs a confirmé sa place parmi l’élite. Chaque tournoi majeur semblait mettre en vedette Mészáros au cœur des compétitions pour les médailles, qu’elle affronte des médaillés olympiques expérimentés ou de jeunes talents émergents.

Le point culminant de sa carrière a sans aucun doute eu lieu en 2010. Cette saison-là, elle a remporté le titre européen à Vienne et s’est hissée au sommet du classement mondial de la FIJ, devenant ainsi la numéro un mondiale dans la division -70 kg. Détenir la première place était la reconnaissance d’années de performances constantes plutôt que d’un tournoi exceptionnel. Elle était devenue la référence dans l’une des catégories féminines les plus fortes du circuit.

Sa carrière a coïncidé avec une génération dorée d’athlètes des moins de 70 kg, produisant des rivalités devenues familières aux fans de judo à travers l’Europe. La star néerlandaise Edith Bosch s’est révélée être l’une de ses adversaires les plus coriaces, les deux hommes s’étant rencontrés neuf fois lors de grands événements internationaux. L’Allemande Kerstin Teichert a également régulièrement croisé sa route, tandis que la Polonaise Katarzyna Kłys a trouvé en Mészáros un adversaire exceptionnellement difficile, la Hongroise ayant remporté cinq de leurs six rencontres. Contre la médaillée d’argent olympique britannique Gemma Gibbons, elle a maintenu un bilan parfait, remportant les cinq compétitions, tandis que ses combats avec la Japonaise Mina Watanabe sont restés équilibrés tout au long de leur carrière.

La participation olympique est naturellement devenue une autre étape importante. Mészáros a représenté la Hongrie à deux Jeux Olympiques et était largement considérée comme une prétendante à une médaille, en particulier pendant les années où elle dominait le classement mondial. Même si le podium olympique est finalement resté hors de portée, sa place parmi l’élite mondiale était déjà solidement établie grâce à ses performances aux Championnats du monde et d’Europe.

Cependant, comme pour beaucoup d’athlètes d’élite, le succès a un prix physique. Des blessures ont interrompu son élan à une étape cruciale de sa carrière et l’ont finalement forcée à abandonner la compétition internationale. Pour de nombreux athlètes, un tel revers sonne la fin, mais Mészáros n’a jamais été du genre à accepter des conclusions faciles. En 2015, elle revient sur le circuit international et célèbre immédiatement une médaille de bronze au Grand Prix de Budapest, ravissant le public local et rappelant au monde du judo que son instinct de compétitrice est resté intact.

Étonnamment, elle n’avait pas fini. Trois ans plus tard, elle annonçait un nouveau retour, surprenant plus d’un en déclarant son ambition de se qualifier pour les Jeux Olympiques de Tokyo. C’était un énorme défi après une si longue absence, mais Mészáros a rapidement démontré qu’elle possédait encore les qualités nécessaires pour concourir au niveau international en remportant l’argent à la Coupe d’Europe à Bratislava. Même si la qualification olympique s’est finalement avérée hors de portée, sa volonté de poursuivre un dernier rêve lui a valu une admiration généralisée au sein de la communauté du judo.

Avec le recul, la carrière de Mészáros s’étend bien au-delà d’un impressionnant total de médailles. Championne du monde junior, quadruple médaillée aux Championnats du monde, championne d’Europe, ancienne numéro un mondiale et multiple olympienne commence seulement à décrire sa contribution au judo hongrois. Ses retours répétés ont révélé le caractère derrière le champion, montrant une compétitrice qui refusait de se définir par les blessures ou la déception.

Aujourd’hui encore, avec trois titres nationaux hongrois consécutifs qui s’ajoutent à son remarquable palmarès, Mészáros continue de démontrer la passion qui l’a portée au sommet du judo mondial. À 39 ans, elle reste l’une des championnes les plus respectées de Hongrie, non seulement en raison de ce qu’elle a accompli à son apogée, mais aussi en raison de la combativité dont elle a fait preuve à chaque fois qu’elle a été obligée de recommencer.