Beslan Mudranov à 40 ans : le champion olympique qui perpétue la tradition dorée de la Russie

Beslan Mudranov à 40 ans : le champion olympique qui perpétue la tradition dorée de la Russie

Lorsque Beslan Mudranov est monté sur les tatamis aux Jeux Olympiques de Rio 2016, la pression sur ses épaules était immense. Quatre ans plus tôt, Arsen Galstyan était devenu le premier champion olympique russe dans la catégorie des moins de 60 kg en remportant l’or à Londres. On attendait de Mudranov qu’il perpétue cet héritage, et il l’a fait de la manière la plus impressionnante en remportant lui-même le titre olympique.

Le mardi 7 juillet, le poids léger russe a fêté ses 40 ans, l’occasion idéale de revenir sur l’une des plus belles carrières du judo russe au cours des deux dernières décennies.

Né le 7 juillet 1986, Mudranov s’est progressivement imposé comme l’une des figures dominantes de la division -60 kg. Sa percée a eu lieu en 2012 lorsqu’il a remporté son premier titre européen à Chelyabinsk. Plutôt que d’être un succès ponctuel, il marque le début d’une époque. Il a défendu avec succès sa couronne continentale à Montpellier en 2014 avant de réaliser un remarquable triplé avec une victoire aux Jeux européens de 2015 à Bakou, qui comptaient également comme Championnats d’Europe.

Le cycle olympique menant à Rio a vu Mudranov systématiquement parmi l’élite mondiale. Aux Championnats du monde 2014 à Chelyabinsk, il a failli devenir champion du monde, remportant finalement la médaille d’argent après une superbe campagne. Même si le titre mondial lui a échappé de peu, ses performances ont confirmé qu’il faisait partie des favoris pour l’or olympique.

Cette prédiction s’est avérée exacte au Brésil.

En concurrence avec son sang-froid et son intelligence tactique, Mudranov a réalisé l’une des plus belles performances de sa carrière pour devenir champion olympique à Rio de Janeiro. Sa victoire a permis à la Russie de conserver le titre olympique dans la catégorie masculine la plus légère, après le triomphe d’Arsen Galstyan à Londres quatre ans plus tôt.

Derrière une grande partie de ce succès se trouvait le légendaire entraîneur Ezio Gamba. Le champion olympique italien, qui a transformé le judo russe après avoir pris la tête de l’équipe nationale, a joué un rôle déterminant dans la victoire de Galstyan vers l’or olympique en 2012 et de Mudranov sur la plus haute marche du podium à Rio. En tant qu’entraîneur national et manager de l’équipe, Gamba a contribué à créer l’une des générations les plus fortes de l’histoire du judo russe.

Les réalisations de Mudranov s’étendent bien au-delà des Jeux Olympiques. Tout au long de sa carrière internationale, il a remporté des victoires dans des tournois du Grand Chelem, des Grands Prix et des World Masters, établissant ainsi un palmarès impressionnant de régularité. Son efficacité technique, ses excellentes capacités de préhension et son approche calme sous pression ont fait de lui l’un des adversaires les plus difficiles à battre dans la division U60kg.

Sa rivalité avec le Géorgien Amiran Papinashvili est devenue l’un des affrontements déterminants de l’époque. Ils se sont rencontrés dix fois sur le circuit international, Mudranov remportant huit de ces compétitions. Il a également connu des records dominants contre l’Arménien Hovhannes Davtyan, le Français Sofiane Milous, le Néerlandais Jeroen Mooren et l’Italien Yann Siccardi, illustrant sa remarquable régularité contre certains des poids légers les plus forts d’Europe.

Même si les blessures ont limité les dernières étapes de sa carrière compétitive, Mudranov laisse derrière lui un héritage exceptionnel. Champion olympique, médaillé d’argent du monde, triple champion d’Europe et vainqueur des Jeux européens, il appartient à une génération qui a fermement établi la Russie comme l’une des nations dominantes du judo mondial. Les performances de pointe de Mudranov restent une référence pour que tous les poids légers russes suivent ses traces. Sa santé mentale était optimale ce jour d’août 2016.